Mercredi 21 février 2007 3 21 /02 /Fév /2007 22:52
    Bon, j'ai été très silencieuse ces derniers temps. En fait, je n'ai pas du tout vu venir la chose, mais elle est bel et bien arrivée : j'ai fait une toute petite baisse de régime, disons une "semi-dépression" pendant cet hiver. Je l'évoquais déjà ici début décembre.
    Je ne saurai pas vraiment expliquer pourquoi c'est arrivé, ni pourquoi le voile se lève petit à petit.
    En fait, plusieurs choses entrent en ligne de compte. D'abord mes parents, et nos relations plus que difficiles. Nous avons eu une discussion fin septembre, où l'on a essayé de poser honnêtement nos problèmes. Ca s'est bien passé, mais ça a fait remonter en moi pas mal de choses éprouvantes. Ensuite, mon ex (mon collègue, mon inoubliable passion dont je parle dans cet article) a changé de service, nous ne travaillons donc plus ensemble. J'ai vécu ce moment très difficilement, son départ du service m'a inexplicablement fait revivre notre histoire et ma souffrance, et indirectement mes relations sentimentales catastrophiques.
    Et puis, toutes les casseroles que je traîne depuis 27 ans ont profité, ces lâches, de toutes ces émotions pour éclater au grand jour elles aussi. Donc remuer le tout, laisser mijoter et vous obtiendrez moi cet hiver.

    Je ne voyais presque plus mes amis, repoussant sans cesse leurs invitations et fuyant leurs questions. "Mais si je vais bien, j'ai juste pas envie de sortir, pourquoi tu me demandes ça?". Au début, c'était sincère, et petit à petit je savais très bien qu'ils voyaient juste, même si je donnais le change. J'ai beaucoup joué aux MMO aussi, beaucoup plus que d'habitude et que de raison. Tellement pratique de se réfugier dans un autre monde, où la réalité n'a que peu d'emprise si on le souhaite. Je n'ai rien fait de tout ce que j'avais à faire, des choses somme toute normales, mais au-dessus de mes forces. Payer ses impôts, poster ses factures, ouvrir son courrier, ranger chez moi, finir mes travaux... Rien (ajoutez quand même à cela ma paresse naturelle hein ^^). Je n'appelais pas non plus mes parents, faisant s'enliser le lèger mieux de nos rapports. Alors que je suis passionnée, j'ai même laissé tombé le festival dont je m'occupe, ne me rendant plus aux réunions du CA, ne donnant pas de nouvelles, alors que j'étais la première à fustiger ce comportement au sein du Conseil d'Administration. Et mon sommeil! Je suis décalée, vous le savez, mais là ç'était vraiment sur le fil. Je dormais le jour, sauf pour travailler, et je vivais en chauve-souris, la nuit.
    Et pendant tout ce temps, je devais pourtant continuer à bosser. Et c'est tellement difficile de "prendre soin" de personnes en souffrance mentale, quelles qu'elles soient, quand on ne va pas bien soi-même.

    Il m'aura fallu une chute, où j'ai failli laissé la moitié gauche de mon visage par terre pour remonter à la surface. Le lendemain, j'ai passé la journée en pétage de plomb. J'ai pleuré, tremblé, pleuré, tremblé. J'ai passé la semaine en arrêt maladie chez mes parents, avec qui ça s'est bien passé, et je suis allée voir mon médecin de famille pour lui expliquer mon mal-être. Je commence ma psychothérapie le 14 mars.

    Depuis cet évènement, je suis remontée à la surface doucement. J'ai fait mes papiers, rangé mon appart, presque fini mes travaux, je revois mes amis avec qui on a parlé de mon état. Berf, je retrouve mon "état basal" comme on dit au boulot! Il me reste mes casseroles sus-nommées, qui font encore du bruit derrière moi, mais  je compte sur le travail que je vais commencer pour qu'elles fassent silence.

    Ce n'est pas un article triste, mais il fallait que je pose tout ça par écrit! Alors pas d'inquiétude pour moi, je suis en pleine mutation!

(Pourquoi ce titre me direz-vous? Ben parce que quand on a touché le fond, on donne un coup de pied pour remonter... ;)
Par emma - Publié dans : Bulle Générale
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